En guise de préalable, le Congrès de l’Interrégionale wallonne de la CGSP entend rappeler que le syndicalisme est un outil essentiel pour assurer l’émancipation sociale de l’ensemble de la population et plus particulièrement des travailleurs. Pour ce faire, l’organisation syndicale se doit de former ses affiliés et d’informer l’ensemble des travailleurs. Le syndicalisme doit être un outil d’analyse, de revendications et de combat.

La CGSP wallonne inscrit son action syndicale dans la double volonté d’œuvrer quotidiennement tant à l’amélioration directe des conditions de vie des travailleurs, avec ou sans emploi, qu’à la réalisation de son projet de transformation sociale.
Pour la CGSP wallonne, ces deux démarches sont inséparables.
En effet, négliger la perspective de transformation sociale, serait faire le choix d’un syndicalisme d’accompagnement dont l’objectif serait, simplement, d’édulcorer les excès du système capitaliste.
A l’inverse, ne conditionner son action qu’au souci de transformation sociale, serait sacrifier l’ensemble des travailleurs qui souffrent aujourd’hui, victimes d’un système injuste.

Ni sociale-démocrate, ni révolutionnaire utopiste, la CGSP wallonne fait le choix du socialisme démocratique et entend réaffirmer clairement, à l’instar de la FGTB wallonne, qu’elle s’inscrit dans une conception anticapitaliste de la société.
Dès lors, la CGSP wallonne rappelle avec force que son action est guidée par la nécessité de travailler à la construction d’une société égalitaire, humaine, juste, solidaire, tolérante et démocratique. Cette société doit permettre à chacun de mener une vie conforme à la dignité humaine.

Pour nous, la démocratie “comme fin en soi” est une remise en cause radicale du pouvoir du capital. C’est pourquoi nous revendiquons, ici et partout ailleurs, qu’un Homme  égale une voix. La citoyenneté en élevant le travailleur au rang de citoyen, est un outil d’émancipation de première importance.
Pour la CGSP wallonne, l’exercice libre et entier du droit syndical n’est possible que dans un Etat de droit démocratique et laïque. Notre souci de solidarité, de justice sociale et d’égalité nous place en première ligne dans le combat contre toutes les formes de discrimination. C’est la raison pour laquelle nous n’aurons de cesse de lutter contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance.
Pour toutes ces raisons, la CGSP wallonne a fait le choix d’être un syndicat de contre-pouvoir. Notre action de contre-pouvoir doit être garantie par une totale indépendance. Cependant, “indépendance” ne signifie pas “apolitisme”.
Dès lors, la CGSP wallonne refuse d’être inféodée à un quelconque parti politique. Si des rapprochements sont envisageables, ils ne peuvent l’être que de manière ponctuelle et s’ils s’avèrent nécessaires à la réalisation de nos objectifs et moyennant le plus strict respect de la spécificité syndicale.
Pour la CGSP wallonne, l’organisation syndicale n’a de compte à rendre qu’à ses affiliés et les décisions prises dans les instances ne sont que le reflet de leurs positions. Toutefois, la CGSP wallonne veillera à ce que les positions des affiliés restent conformes à ses principes fondamentaux, auxquels ils doivent adhérer.
En outre, la CGSP wallonne est consciente que les conquêtes sociales ne sont possibles que par l’existence d’une solidarité forte. L’organisation intersectorielle de notre Centrale est un outil indispensable mis à notre disposition pour maintenir et développer cette solidarité. Notre attachement à la structure interprofessionnelle relève de ce même engagement.

C’est dans cette volonté de travailler ensemble, en mettant en avant ce qui nous rassemble que les dimensions intersectorielle et inter- professionnelle trouvent leurs justifications. Elles sont, en plus de la dimension sectorielle, l’expression de notre recherche constante de solidarité.
Cette solidarité doit également s’exprimer au-delà du cadre syndicale et par-delà nos frontières.
En conclusion, notre organisation est et doit rester un contre-pouvoir.

Cette volonté d’être un moteur du Progrès social, nous impose, aujourd’hui, de réfléchir concrètement au sens que nous voulons donner à la construction européenne.